Actualité du projet, juillet 2026
Les 7 et 8 juillet, l’équipe Tekceleo a passé deux journées complètes dans une salle d’IRM du CHRU de Nancy. Nous y avons mené la première campagne de tests du projet PROMI, sur un scanner clinique 3T exploité par le laboratoire IADI (INSERM / Université de Lorraine), avec l’appui de notre partenaire Healtis. Cet article revient sur ce que nous avons fait et sur la manière dont nous l’avons fait. Les résultats détaillés feront l’objet d’un article dédié une fois l’analyse complète terminée.
Pourquoi cette campagne
Tekceleo fournit des moteurs ultrasoniques compatibles IRM depuis des années. Parce que nos moteurs Wavelling® sont non magnétiques et ne contiennent aucun matériau ferromagnétique, le moteur en lui-même n’a jamais été le vrai obstacle à la robotique en IRM. L’obstacle, c’est toute la chaîne qui l’entoure : les capteurs qui ferment la boucle de contrôle, le câblage, la transmission du signal et l’électronique de commande. Jusqu’à présent, chaque intégrateur qui voulait construire un système motorisé pour l’environnement IRM devait résoudre cette chaîne de son côté, au prix d’efforts considérables.
PROMI existe pour lever cette contrainte. L’objectif est de livrer un module d’actionnement complet et intégré, qu’une entreprise MedTech ou une équipe de recherche peut intégrer directement dans son propre dispositif, sans avoir à réinventer la solution d’actionnement à chaque fois.
Avant de proposer un tel module « plug and play », nous avons besoin de comprendre précisément comment l’ensemble du système se comporte dans une vraie IRM, dans les conditions où la physique se montre la plus exigeante. C’est tout l’objet de cette campagne.
Ce que nous avons mis en place
Nous avons conçu un banc de test dédié et l’avons installé directement à l’intérieur du tunnel de l’IRM. Ce banc portait un module moteur avec transmission du signal par fibre optique, et il était pensé pour mesurer plusieurs paramètres en même temps.
Nous avons mesuré la précision et l’indexation côté capteur du module. Nous avons mesuré la vitesse et le couple du moteur lui-même. Pour garantir la fiabilité de nos chiffres, nous ne nous sommes pas contentés d’une seule mesure. Nous avons ajouté un encodeur optique externe et un compte-tours mécanique, afin que chaque valeur puisse être recoupée avec deux références indépendantes. Quand on travaille dans un champ magnétique de 3 teslas, cette redondance fait toute la différence entre une mesure fiable et une mesure sur laquelle on ne peut pas s’appuyer.
Ce que nous avons testé
Un moteur qui fonctionne au centre de l’IRM ne suffit pas. Un vrai module robotique doit se comporter de façon prévisible partout où un praticien ou un dispositif pourrait en avoir besoin, et sous les séquences qu’un examen clinique utilise réellement.
Nous avons donc testé le module à plusieurs positions dans le scanner, de l’entrée du tunnel jusqu’à l’isocentre, en passant par le point où les gradients spatiaux sont à leur maximum. Nous avons testé le moteur selon ses trois axes d’orientation par rapport au champ magnétique principal. Et nous l’avons testé dans différentes conditions de fonctionnement du scanner, du champ statique jusqu’aux séquences d’imagerie actives, y compris celles qui sollicitent le plus le système par leur émission radiofréquence.
Pendant ces deux jours, l’équipe a travaillé directement dans la salle d’IRM, montant les configurations, lançant les séquences, enregistrant les données et discutant les résultats entre chaque essai. Tester dans une IRM clinique n’a rien d’un exercice de laboratoire. Le temps d’accès est limité, l’environnement est contraint, et chaque changement de configuration doit se faire avec soin à l’intérieur de l’aimant. Deux jours à ce rythme, c’est intense, et cela a produit un jeu de données à la fois riche et précieux.
Les prochaines étapes
Nous analysons actuellement l’ensemble des mesures. Les chiffres sont très encourageants, et ils nous donnent les hypothèses centrales dont nous avions besoin pour définir un module capable de fonctionner dans les différentes zones et séquences d’une IRM 3T.
La suite est claire. Nous allons affiner le module vers une véritable solution « plug and play », construite sur notre technologie de moteur ultrasonique Wavelling®, puis l’intégrer sur un robot prototype développé en partenariat avec le laboratoire IADI (INSERM / Université de Lorraine). Nous publierons un article dédié avec les résultats détaillés et leur signification pour la robotique guidée par IRM une fois l’analyse finalisée.
Si vous travaillez sur des systèmes motorisés ou robotisés pour l’environnement IRM, nous serions heureux d’en discuter. Ce type d’échange est précisément ce qui nourrit la définition de ce que PROMI doit devenir.
PROMI (Programmable Robotics for MRI Integration) est un programme de R&D porté par Tekceleo, cofinancé par l’Union européenne à travers le FEDER et la Région Sud PACA, avec les partenaires académiques University College London (UCL) et le laboratoire IADI (INSERM / Université de Lorraine). Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page du projet PROMI.

